L’accès à l’eau potable au Sénégal :
défis, progrès et enjeux
Dans un pays sahélien où la ressource en eau est inégalement répartie, garantir l’accès à l’eau potable pour tous reste l’un des défis majeurs du développement.
Juin 2026
3 min de lecture
Sénégal
Le Sénégal, pays sahélien d’Afrique de l’Ouest, fait face depuis des décennies à une problématique fondamentale : comment garantir à l’ensemble de sa population un accès équitable et durable à l’eau potable ? Si des progrès considérables ont été accomplis, les inégalités persistantes entre milieu urbain et milieu rural rappellent que le chantier est loin d’être terminé.
Une ressource stratégique mais inégalement distribuée
Le Sénégal dispose de ressources en eau relativement importantes, entre les eaux de surface — fleuves Sénégal, Gambie et Casamance — et les nappes souterraines, dont la célèbre nappe des sables du Crétacé qui alimente une grande partie du pays. Pourtant, l’accès à ces ressources reste profondément inégal selon les régions et les milieux.
En milieu urbain, notamment à Dakar et dans les grandes villes, le taux d’accès à l’eau potable dépasse les 95%. Mais dans les zones rurales, notamment dans les régions de Kaffrine, Tambacounda ou Kédougou, de nombreuses communautés continuent de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver un point d’eau, souvent de qualité douteuse. Cette réalité a des conséquences directes sur la santé publique, la scolarisation des enfants — principalement des filles — et le développement économique local.
78%
Taux d’accès eau
potable national
+95%
Accès en
milieu urbain
65%
Accès en
milieu rural
17M
Habitants
à desservir
Les infrastructures hydrauliques, au cœur du développement
Pour faire face à cette situation, le Sénégal a engagé depuis les années 1990 d’importants programmes d’investissement dans les infrastructures hydrauliques. Des châteaux d’eau aux réseaux d’adduction, des bornes fontaines aux branchements domiciliaires, ces ouvrages constituent le socle indispensable de tout accès à l’eau potable.
La construction d’un château d’eau dans un village, c’est bien plus qu’un simple ouvrage de génie civil. C’est la transformation du quotidien de milliers de familles : les femmes n’ont plus à marcher des heures pour chercher de l’eau, les enfants peuvent aller à l’école, les maladies hydriques reculent et l’activité économique se développe. Les études montrent qu’un accès fiable à l’eau potable peut augmenter le revenu des ménages ruraux de jusqu’à 15% en libérant du temps productif.

Château d’eau de 1000 m³ réalisé par GEAUR à Brufut / Banjul, Gambie — exemple d’infrastructure hydraulique structurante en Afrique de l’Ouest.
Le programme eau potable et assainissement : avancées et limites
Le gouvernement sénégalais, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers — Banque Mondiale, AFD, Banque Islamique de Développement — a mis en place plusieurs programmes structurants. Le Programme Eau Potable et Assainissement du Millénaire (PEPAM) puis le Plan Sénégal Émergent ont permis d’étendre significativement la couverture nationale.
Ces programmes ont notamment permis la réalisation de milliers de forages équipés, l’extension des réseaux d’adduction d’eau potable dans les zones péri-urbaines et rurales, et la construction de nombreuses bornes fontaines communautaires. Des entreprises sénégalaises spécialisées, comme la GEAUR, ont joué un rôle central dans la mise en œuvre de ces projets, avec des centaines de chantiers réalisés à travers tout le territoire.
L’eau, ce n’est pas seulement une ressource naturelle. Au Sénégal, c’est une question de dignité, d’égalité et de développement. Chaque borne fontaine installée, chaque château d’eau construit représente des milliers de vies améliorées.Vision portée par les acteurs du secteur hydraulique sénégalais
Les défis qui persistent
Malgré ces avancées, plusieurs défis majeurs demeurent. Le premier est celui du financement : les besoins en infrastructures hydrauliques restent considérables et les ressources publiques insuffisantes pour y répondre à la hauteur des enjeux. Le deuxième défi est celui de la maintenance : de nombreux ouvrages tombent en panne faute d’entretien, privant les populations de l’accès à l’eau qu’ils pensaient avoir acquis.
Le changement climatique représente également une menace croissante. La variabilité des précipitations, les périodes de sécheresse prolongées et la baisse du niveau des nappes phréatiques dans certaines régions fragilisent les systèmes d’approvisionnement existants. Cette réalité impose de repenser la gestion de l’eau à long terme et d’investir dans des infrastructures plus résilientes.
Enfin, la croissance démographique rapide — le Sénégal devrait atteindre 25 millions d’habitants d’ici 2030 — exerce une pression croissante sur les systèmes existants. Les villes s’étendent, de nouveaux quartiers périphériques se créent, et les réseaux d’eau peinent à suivre ce rythme.
Le rôle essentiel des entreprises locales
Dans ce contexte, les entreprises sénégalaises spécialisées dans l’hydraulique jouent un rôle irremplaçable. Leur connaissance du terrain, leur maîtrise des conditions locales — sols, climat, contraintes logistiques — et leur ancrage dans le tissu économique national en font des partenaires incontournables des pouvoirs publics et des bailleurs de fonds.
Depuis plus de 35 ans, des entreprises comme la GEAUR ont accumulé une expérience unique sur des centaines de chantiers au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. Cette expertise locale est un atout précieux pour relever les défis hydrauliques de la sous-région dans les décennies à venir.
L’accès universel à l’eau potable au Sénégal n’est pas une utopie. C’est un objectif atteignable, à condition de maintenir le niveau d’investissement, de renforcer les capacités techniques locales et de placer la durabilité des infrastructures au cœur de chaque projet. L’eau est l’essentiel — et c’est précisément cette conviction qui anime les acteurs du secteur depuis des décennies.
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GEAUR, acteur de l’eau au Sénégal depuis 1990
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